Docteur net : La prudence est de mise avec l’info santé en ligne

Mon fils étudie en médecine. Sur son bureau de travail sont posés une lampe, un portable, un routeur sans fil, un assistant numérique personnel et un cellulaire. De l’époque de mes propres études en médecine, ne subsiste qu’un seul objet… la lampe !

L’avènement de l’apprentissage en ligne a rendu les manuels de médecine obsolètes. Désormais, Internet se substitue aux ouvrages savants et aux bibliothèques, ce qui pose un véritable défi à qui s’intéresse aux questions d’ordre médical. Un clic de souris suffit pour se renseigner sur un médicament, une maladie ou un traitement, mais encore faut-il être prévenu qu’on retrouve sur la Toile le vrai, le faux et l’exagération, sans quiconque pour exercer une censure ou vérifier les faits.

L’Internet est pourtant précieux pour permettre aux personnes ayant une maladie rare et à leurs proches de trouver soutien et renseignements pratiques grâce aux forums de discussion et listes de diffusion. Si vous avez la sclérose en plaques, vous trouverez facilement dans l’annuaire téléphonique un groupe de soutien, bien que les symptômes de la maladie puissent rendre l’accès aux réunions ardu, mais les personnes atteintes d’une maladie rare, le syndrome d’Apert par exemple, ne pourront le faire qu’à travers Internet.  Comment repérer les sites fiables ? Consultez uniquement des sites gouvernementaux ou reconnus par une association médicale faisant autorité, ou encore des sites sans but lucratif (dans le doute, consultez leur onglet Qui sommes-nous ?).

Méfiez-vous des sites qui vous bombardent de publicités ou qui proposent des consultations médicales pour un tarif à la minute. La prolifération de sites intéressés pose un autre problème. Il est arrivé qu’en tapant dans un fureteur « American Hart Association » au lieu de « American Heart Association », le premier site à s’afficher fût en réalité géré par un propriétaire exploitant qui vendait de l’équipement sanitaire et recommandait des traitements utilisant ses produits.

Certains médecins, dont je suis, considèrent l’accès à de l’information en ligne comme une arme à deux tranchants. Nous souhaitons que nos patients soient informés de leur condition, mais nous craignons aussi qu’un surcroît d’information, parfois carrément erronée, puisse les angoisser inutilement. (Plusieurs médecins de famille ont eu à répondre en pleine nuit à l’appel d’un patient paniqué par un autodiagnostic réalisé en ligne.) L’Internet a sa place dans le domaine de la médecine, mais si vous vous sentez mal, voici mon conseil : prenez deux aspirines et, le matin venu, appelez votre médecin.

Rédigé par : Dr Murray Waldman. Le Dr Waldman exerce la médecine depuis plus de 30 ans à Toronto en tant qu’omnipraticien, urgentologue, coroner, administrateur et médecin en réadaptation. Il est aussi chroniqueur au Toronto Star.

Repris du magazine Tendances du Groupe Investors, juin 2008

--------------------------
Ce document, rédigé et publié par le Groupe Investors, contient des renseignements de nature générale seulement. Son but n’est pas d’inciter le lecteur à acheter ou à vendre des produits de placement précis ni de fournir des conseils juridiques, fiscaux ou de placement. Les lecteurs auraient avantage à obtenir des conseils adaptés à leur situation personnelle auprès d’un conseiller du Groupe Investors.

© Groupe Investors Inc. 2010. Tous droits réservés. Toute reproduction totale ou partielle de cette publication sans le consentement écrit exprès du Groupe Investors est interdite.